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2. ACTIVITÉS HABITUELLES, PROJETS, ACTUALITÉS
DE L'ASSOCIATION ARCHÉOLOGIQUE ENTREMONT

2.6. Les fouilles du théâtre romain

(dernière mise à jour de cette page : 18/02/2017)

 

Une découverte exceptionnelle

         En janvier 2004, la Mission Archéologie de la ville d'Aix-en-Provence, dirigée par Mme Nuria Nin, découvre les vestiges d'un théâtre romain au quartier de la Seds. Quelques semaines plus tard, la presse locale et plusieurs médias nationaux signalent cette découverte exceptionnelle. Il s'agit en effet d'un très grand monument, d'un diamètre d'environ 100 mètres. Les parties les plus hautes ont disparu, mais on a partiellement dégagé 13 rangs de gradins et des galeries de circulation, ce qui est comparable au théâtre d'Arles. Cet édifice aixois date du haut empire romain, il y a près de 2000 ans.

         Ces vestiges ont été miraculeusement préservés jusqu'à notre époque parce qu'ils étaient enfouis dans le parc de verdure d'un ancien monastère. Ce domaine, qui appartient depuis peu à la ville d'Aix, est en grande partie classé "monument historique" depuis une quarantaine d'années. En effet, des documents et des sondages anciens avaient démontré l'existence dans ce secteur de vestiges romains mal identifiés mais très importants : une grande colonnade (interprétée aujourd'hui comme ornement d'une place devant le théâtre), des débris de colonnes, une grande porte (découverte en 1970 sous le cours des Minimes). C'est là aussi probablement qu'avaient résidé les premiers évêques aixois, aux premiers temps du christianisme.

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Fouilles du théâtre romain d’Aix-en-Provence, 2004 (photo Charrière)

L'enthousiasme des Aixois

         Après des siècles de destruction de son patrimoine antique, Aix vient enfin de retrouver le premier héritage majeur de son  lointain passé, elle qui, sous le nom d'Aquae Sextiae, fut fondée en 122 avant J.-C., première ville romaine créée en Gaule. C'est pourquoi Madame Joissains-Masini, députée et maire d'Aix-en-Provence, se déclare très heureuse de cette trouvaille et annonce aussitôt son désir de faire de toute la zone un parc archéologique.

         Cette découverte suscite également un grand enthousiasme chez les Aixois ainsi que chez tous ceux qui s'intéressent au patrimoine: 3000 personnes viendront visiter les fouilles lors des Journées du Patrimoine en septembre.

Le coup d'arrêt donné par le Service Régional de l'Archéologie

         Mais ces vestiges sont classés "monument historique" et l'État est donc tenu de contribuer à leur entretien. Or, actuellement, l'argent fait défaut. (Il faut savoir cependant que le coût de ces fouilles a été supporté jusqu'ici par la ville d'Aix et non par l'État.) Donc, pour protéger les vestiges, le SRA demande l’arrêt des fouilles en octobre 2004 et leur ré-enfouissement.

         La rumeur de cette décision courait en fait depuis le printemps. Et dès le mois d'avril, l'Association Archéologique Entremont avait exprimé au Conservateur Régional de l'Archéologie son hostilité à une telle éventualité. Les fouilleurs, eux, n'arrivaient pas à croire à une telle impasse.

L'indignation du public

         Cette décision émeut considérablement l'opinion. Le quotidien régional La Provence publie en octobre plusieurs articles sur cette affaire. Constatant l'engouement du public pour ce théâtre antique et entendant les protestations qui commencent à s'élever ici et là, le Directeur Régional des Affaires Culturelles annonce en octobre dans la presse qu'il n'est question que de "recouvrement partiel".

La pétition de l'Association Archéologique Entremont   

         L'Association Archéologique Entremont, peu rassurée, décide d'agir. Après avoir rencontré d'un côté le Conservateur Régional de l'Archéologie (qui demande le ré-enfouissement), et de l'autre côté ceux qui y sont opposés (à savoir les autorités municipales, les archéologues professionnels de l'Université et du CNRS, plusieurs associations de défense du patrimoine ainsi que diverses personnalités aixoises), elle lance, au début de novembre 2004, une pétition contre le ré-enfouissement.

Texte de la pétition :

Alertés de la volonté du Service Régional de l'Archéologie, qui déclare ne pas avoir les moyens de les entretenir, de faire ensevelir à nouveau, pour les protéger, les magnifiques vestiges du théâtre romain d'Aix-en-Provence récemment découverts sur un terrain classé "monument historique", les soussignés se déclarent stupéfaits et totalement opposés à cette décision qui va à l'encontre des intérêts du patrimoine, du tourisme et de la culture.

Estimant que ce monument mérite un effort exceptionnel pour mobiliser les ressources nécessaires, ils demandent très instamment à Monsieur le Directeur Régional des Affaires Culturelles de Provence, Alpes, Côte d'Azur d'annuler cette décision d'enfouissement et de conclure un accord avec la municipalité d'Aix-en-Provence et toutes les instances concernées pour continuer et achever les fouilles, puis restaurer et mettre en valeur le monument selon un calendrier permettant d'étaler raisonnablement les dépenses sur plusieurs années tout en assurant la progression régulière des travaux.

         En effet, ce monument est non seulement un bien culturel exceptionnel (on ne découvre pas un théâtre romain tous les jours !) , mais aussi un atout touristique et donc financier. Et il pourrait même être utilisé, après restauration et consolidation, pour de petits spectacles ne nécessitant pas d'aménagement lourd agressif et être ainsi un monument "vivant". Il ne faut donc pas perdre de temps, sachant que la fouille complète prendra plusieurs années, peut-être près de dix.

         C'est pourquoi, considérant qu'il faut en effet absolument protéger les vestiges mis au jour en attendant leur consolidation, mais que l'enfouissement n'est pas satisfaisant, l'Association Archéologique Entremont demande l'étude d'un autre moyen de protection (par exemple un toit provisoire) permettant d'une part la visite des fouilles en cours par le public, d'autre part la continuation du travail des archéologues et la restauration des vestiges, selon un plan budgétaire étalé sur plusieurs années.

            Et l'Association Archéologique Entremont s'engage à débloquer elle-même un fonds d'au moins 3000 euros. C'est certes une goutte d'eau, mais elle entend montrer par ce geste, important pour son budget, qu'elle ne se contente pas de paroles.

La DRAC restreint la portée de l'enfouissement

         Vers la fin du mois de novembre, la pétition a déjà recueilli plus de 2500 signatures. Plusieurs milliers de visiteurs viennent encore voir les fouilles au début du mois de décembre lors de trois journées "portes ouvertes". La radio (France Bleu Provence et France Info) et la télévision (FR3) évoquent à leur tour l'affaire. Interrogé par les journalistes, le Directeur Régional des Affaires Culturelles annonce à la radio que cet enfouissement n'est prévu que pour deux ans.

Une grande inquiétude persiste

         Que faut-il comprendre par "recouvrement partiel" ? Aucune précision n'est venue expliquer cette formule. Ce qui est sûr, c'est que le théâtre, s'il est recouvert de sable, deviendra invisible et inaccessible non seulement au public, mais aussi aux fouilleurs et aux techniciens de consolidation.

         On peut craindre aussi qu'un recouvrement partiel laisse subsister la plus grande partie de la vaste cavité créée par les fouilles, que cette cavité se remplisse d'eau de pluie et que le ramollissement de la terre qui en résultera provoque des affaissements dans le théâtre.

         De plus, si le Ministère de la Culture, qui n'est pas riche, engage aujourd'hui les dépenses nécessaires pour rapporter des tonnes de sable sur les vestiges, aura-t-il les moyens de payer un nouveau dégagement dans seulement deux ans ?

         On redoute qu'un tel ré-enfouissement rende le monument inaccessible pendant trop longtemps. C'est pourquoi la pétition continue. Au 20 décembre, elle a recueilli environ 6000 signatures.

Vers une solution ?

         Le 11 janvier 2005, le président de l'Association Archéologique Entremont rencontre le Conservateur Régional des Monuments Historiques. La discussion fait émerger une idée possible de solution : une partie des vestiges serait enfouie légèrement, une autre partie resterait accessible au public et aux archéologues pour poursuivre immédiatement les fouilles; de plus, un musée temporaire des fouilles du théâtre serait installé en ville, où le public pourrait suivre l'évolution des travaux au fil des mois et des années. (Ne pas oublier que la ville d'Aix n'a plus de musée archéologique : en effet, depuis sa restructuration complète, le musée Granet n'expose plus son fonds archéologique, sauf le mobilier d'Entremont). L'Association Archéologique Entremont propose que ce musée temporaire soit installé dans l'ancien palais des congrès, rue Maréchal Joffre.

Résultat de la pétition

         L’hiver est arrivé et les vestiges ne sont toujours pas protégés. Pendant ce temps, la pétition a continué et le 03 février 2005,  l’Association Archéologique Entremont remet un premier lot de 9122 signatures à Monsieur Bredel (D.R.A.C.). D’autres signatures arriveront jusqu’au 28 février, date de clôture, et ce sont finalement 10836 signatures qui auront été déposées à la DRAC. Ce chiffre pèse dans la balance et va infléchir les décisions.

Les décisions ministérielles

         Le 11 avril 2005, le Ministre de la Culture et de la Communication envoie une lettre à M. Michel Pezet, vice-président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, délégué à la culture, qui la communique à l’Association Archéologique Entremont. En voici la retranscription (un petit détail : le ministre parle de dix gradins; en fait il y en a treize.) 

Ministère de la Culture et de la Communication
11 avril 2005
Le Ministre

<à> Monsieur Michel Pezet, vice-président du Conseil Général des B-d-R, conseiller municipal de Marseille, Hôtel du Département, 52 avenue <de> Saint-Just, 13256 Marseille

Cher Monsieur le Vice-Président,

Vous avez bien voulu appeler mon attention sur la découverte du théâtre antique d'Aix-en-Provence et m'interroger sur le devenir de ces fouilles.
Je suis en mesure de vous communiquer les informations suivantes.
Les investigations archéologiques réalisées en 2004 par le service archéologique municipal dans le cadre d'une autorisation de sondages ont permis de déterminer que le monument antique classé en 1963 est un théâtre implanté à proximité du rempart antique. La partie explorée a révélé un très bon état de conservation des dix premiers gradins de pierre. La partie supérieure du monument, soit environ les deux tiers, a quant à elle totalement disparu. Le dispositif de scène n'a pu être caractérisé au cours de cette campagne. Sur ces vestiges des II-IVe siècles après J.-C. a pris place un véritable quartier urbain d'époque carolingienne, qui représente une documentation tout à fait exceptionnelle sur la "Ville des Tours", peut-être le premier siège épiscopal, qui fut abandonnée à la fin du Moyen-Age.

Il a été convenu avec la ville d'Aix-en-Provence, propriétaire des terrains, que les vestiges mis au jour en 2004 seraient conservés en l'état dans l'attente d'une prise de décision quant à l'avenir de ce site. Le dossier devrait être traité par étapes afin de ne pas engager des actions qui pourraient s'avérer rédhibitoires pour la conservation des vestiges ou leur présentation.

Dans ce cadre, le dossier archéologique constitué en 2004 doit être complété par une étude architecturale et technique réalisée par la ville d'Aix-en-Provence et l'architecte en chef des monuments historiques, en vue d'établir un diagnostic sanitaire des vestiges et d'évaluer dans quelle mesure leur exhumation et leur présentation peuvent être envisagées.

Ces éléments réunis, une réflexion approfondie devra être conduite par le Ministère de la culture et la ville sur les différents projets d'aménagement possibles.

Compte tenu de l'intérêt exceptionnel de ces vestiges, je souhaite que les incidences financières, scientifiques et patrimoniales de chaque option soient examinées de manière approfondie et que tout projet reçoive l'aval des plus hautes instances scientifiques et administratives.

Mes services, tant en administration centrale, à la Direction de l'architecture et du patrimoine, qu'en région, à la Direction régionales des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte-d'Azur, sont à votre disposition pour vous tenir informé de ce dossier dans le courant de l'année 2005.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Vice-Président, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Renaud Donnedieu de Vabres

Ce qu'annonçait la municipalité

           Finalement, en décembre 2005, la municipalité édite un petit prospectus diffusé auprès du public pour révéler les décisions prises. En voici l’essentiel.

            Les parties dégagées du théâtre ne seront pas complètement ré-enfouies sous une épaisse couche de terre, mais protégées par une toile spéciale "géotextile" et recouvertes selon les endroits de sable (environ 50 cm) ou de blocs de polystyrène. Au préalable, les points les plus fragiles auront été consolidés avec du mortier de chaux. En partie basse, sera installé un système d'évacuation des eaux de pluie ou de ruissellement.

            Ce dispositif de protection restera en place pendant une durée indéterminée, sans doute bien plus d'un an, jusqu'à ce que les travaux de consolidation et mise en valeur définitive soient évalués par les experts et financés par les diverses parties prenantes .

            Pendant ce temps, la municipalité va entreprendre l'acquisition des terrains alentour nécessaires à une fouille plus complète et à la mise en valeur des vestiges. D'autre part, les fouilles doivent reprendre en 2006 sur les parties non encore dégagées du monument, en priorité le bâtiment de scène.

            À plus long terme, car tout cela exige un budget important, la municipalité déclare qu'elle veut aménager toute la zone archéologique pour la visite avec un nouveau musée archéologique. 

            L'Association Archéologique Entremont approuve ce beau projet qui présente un double intérêt, culturel et économique (par les conséquences bénéfiques sur le tourisme) et espère le voir réaliser au plus tôt.

La situation réelle au printemps 2007

        Les vestiges du théâtre ont été recouverts au cours de l'hiver 2006-07 de la manière prévue indiquée ci-dessus. Mais nous apprenons en juin 2007 que l'autorisation de reprendre les fouilles a été refusée par le Ministère de la Culture, au motif que le dossier présenté par la municipalité n'était pas satisfaisant. Cela retarde beaucoup la reprise des travaux, parce que la constitution d'un nouveau dossier va prendre du temps.

La situation en janvier 2017

       En fait, en dépit des annonces régulières de la municipalité, il ne s'est rien passé de positif depuis que les vestiges ont été recouverts de sable et plastique en 2006 (il y a 11 ans !). Prenons trois exemples éclairants :
1) Une partie du théâtre est dans une parcelle privée au nord-est : à notre connaissance, aucune procédure n'a été engagée pour que la ville en fasse l'acquisition.
2) Aucune action sérieuse n'a été engagée par la ville pour déplacer un établissement d'enseignement privé et racheter le terrain et les bâtiments qu'il possède à l'est et au sud du théâtre antique, opération pourtant indispensable pour l'extension nécessaire des fouilles aux abords du théâtre et l'implantation d'un musée.
3) Il y a environ 2 ans a été mis en vente un terrain privé jouxtant le site de la Seds et le théâtre antique sur le côté nord : la ville aurait dû le préempter pour avoir plus de place pour construire le musée archéologique ou ses dépendances qu’elle nous promet à cet endroit. Non, il a été vendu à un promoteur qui y a construit un immeuble.

       Le numéro de sept.-oct. 2014 de la revue municipale ("Aix-en-Provence, le Mag") contient un article qui annonce la constitution d'une commission pour relancer les fouilles du théâtre. Nous ne pouvons en principe que nous réjouir de ces bonnes intentions, mais l'expérience montre que, quand on annonce la création d'une commission, on est loin du bout du tunnel. D'autant plus que l'article dit clairement que "le projet demandera ensuite de longues années pour se concrétiser" !
        
        Et en effet, à la date du 31 janvier 2017, nous n'avions connaissance d'aucune avancée significative dans ce dossier. Il nous faut donc encore amasser une grosse, grosse provision de patience. 


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